Dans le village de Nabi Saleh, les femmes au cœur de la résistance

Le village Palestinien de Nabi Saleh se situe en Cisjordanie, entre la ville de Ramallah et Salfit. La Cisjordanie est occupée par Israël depuis déjà 50 ans et est divisée en trois zones, le village fait parti de la zone C, et est donc sous contrôle total de l’état Israélien, tant sur le plan civil que militaire1. Dans ce village, de nombreuses terres ont été confisquées pour la construction de colonies, et en 2009 l'armée a prit le contrôle de la source d'eau2.

 Source ARTE : https://info.arte.tv/fr/la-repartition-en-trois-zones-de-la-cisjordanie

Source ARTE : https://info.arte.tv/fr/la-repartition-en-trois-zones-de-la-cisjordanie

Dans ce village, l'occupation Israélienne se vit au quotidien : passages par des checkpoint pour se déplacer, raids de l'armée quotidiens dans le village et les maisons des Palestiniens, ordres et menaces de démolition des maisons, confiscation des terres et construction de colonies, provocation de la part de l'armée ou des colons (cf : oliviers brûlés par les colons en 20113), pression exercée sur les militants et opposant...


Ce village a récemment marqué l'actualité grâce à la famille Tamimi, et plus particulièrement aux femmes et filles de cette famille.
Ahed Tamimi est une jeune Palestinienne de 16 ans connue et reconnue pour son activisme et sa lutte contre l'occupation israélienne depuis maintenant plusieurs années.
En 2012, alors qu'elle n'a que 11 ans une photo d'elle le point levé contre un soldat Israélien fait le tour du monde. En 2015, c'est une vidéo d'elle tentant d'aider son petit frère le bras dans le plâtre plaqué au sol par un soldat israélien qui devient virale.

Aujourd'hui, cette jeune fille qu'on proclame comme le nouveau visage de la résistance Palestinienne, est en prison. Le 15 décembre dernier, un soldat de l'armée israélienne a tiré une balle en caoutchouc dans la tête de son cousin à bout portant. Quelques heures après, les soldats de l'IDF sont entrés dans le jardin d'Ahed. Cette dernière a tenté de les faire sortir et, en se faisant, a giflé un soldat israélien a plusieurs reprises. C'est pour cette raison que depuis fin décembre, elle est emprisonnée dans une prison israélienne, avec 12 charges retenues contre elle. Ce mercredi 17 janvier, alors que l'avocate de la famille dénonçait l'emprisonnement de cette dernière avant son procès, un juge militaire israélien a décidé qu'elle ne sortirait pas de prison avant son procès en raison de la gravité de ses actions. Cette décision, qui pourrait la faire attendre en prison pendant des mois, illustre la pression qui est mise sur les militants Palestiniens, et la dureté des peines contre les enfants Palestiniens. Selon Amnesty, plus de 350 enfants sont actuellement détenus en Israël. Par ailleurs, les cours militaires sont particulièrement connues pour leur dureté envers les Palestiniens, avec leurs taux de conviction avoisinant les 100%4.

Ces gifles ne sont que la conséquence d'un ras-le-bol des Palestiniens qui vivent au quotidien l'occupation et les violences de l'armée et des colons, un geste de rage et de désespoir après qu'Ahed ait appris l'hospitalisation de son cousin en urgence. Ce sont des coups contre l'occupation et l'injustice. Rappelons ici que Ahed risque jusqu'à 10 ans d'emprisonnement pour ces coups.

Ahed n'est pas la seule militante de la famille. La mère de Ahed, Nariman, militante de longue date est actuellement emprisonnée pour avoir filmé la scène. Nour, la cousine d'Ahed a été emprisonnée et relâchée sous caution pour avoir participé à l'incident avec Ahed. Manal Tamimi, a elle été arrêtée puis relâchée pour avoir manifesté contre l'arrestation de sa cousine Ahed devant la prison d'Ofer.

 Page Facebook "Free the Tamimi women https://www.facebook.com/FreeTamimiWomen/

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Il est important de souligner que de nombreuses femmes participent au combat pour la libération de la Palestine contre l'occupation et la colonisation. Comme les femmes de la famille Tamimi, de nombreuses Palestiniennes combattent au quotidien pour la libération de leurs terres.

C'est par ce que le féminisme est un mouvement de lutte pour la défense du droit des femmes et de leurs libertés, que nous nous devons de soutenir le combat de ces femmes et de partager leurs histoires. Le courage des Tamimi n'est qu'un exemple de l'importance des femmes dans les mouvements de résistance, en Palestine et ailleurs. La libération des femmes ne peut pas être dissociée de leur libération politique, et ne peut s'établir que dans un état de droit.

 

Sources : 

1https://info.arte.tv/fr/la-repartition-en-trois-zones-de-la-cisjordanie

2http://www.aljazeera.com/indepth/features/2017/07/nabi-saleh-silent-ethnic-cleansing-170702123734851.html

3http://www.afrique-asie.fr/1401-2/

4https://www.haaretz.com/1.5214377