#metoo : Après l’engouement internet, la mobilisation

Libérer la parole des femmes. C’est ce qu’a produit l’affaire Weinstein.
Depuis que le New York Times a publié le 5 octobre un article accusant le célèbre producteur hollywoodien Harvey Weinstein d’harcèlement sexuel et de viol, l’opinion publique s’est révoltée. Les actrices victimes de Weinstein se sont alors une à une dévoilées et ont pu briser le silence autour de cette affaire. Dès lors, plusieurs actrices et femmes connues dans la sphère publique ont commencé à dénoncer leur harceleur librement. Cela a alors entraîné une libération de la parole des femmes sur les réseaux sociaux. Le 13 octobre, la journaliste Sandra Muller lance le hashtag #balancetonporc qui permet aux femmes lambdas d’accuser leur propre agresseur sexuel sur Twitter. L’actrice Alyssa Milano, quant à elle, lance le 16 octobre le hashtag #metoo en explicitant : « Si vous avez été harcelée ou agressée sexuellement, écrivez "moi aussi" dans votre réponse à ce Tweet ». Les femmes ont donc joué le jeu. Et le phénomène a pris de l’ampleur et a enflammé les réseaux sociaux.

« On ne se taira plus »
Le 29 octobre, un peu moins d’un mois après l’accusation de Weinstein, les femmes sont descendues dans la rue pancartes en main, dénonçant le harcèlement sexuel, le viol, et plus largement le patriarcat. Après l’engouement internet, place au rassemblement et à la mobilisation. Plusieurs centaines de personnes ont donc arpenté les rues parisiennes mais aussi celles de Bordeaux, Lyon, Marseille et bien d’autres, pour dénoncer, de vive voix, l’étendue du phénomène. Les slogans sont virulents, forts, marquants. « On ne se taira plus », et « #wetoogether » écrits en gros sur les pancartes, « #balancetonporc » et « #metoo » peints sur les corps. Ces nouveaux cris de ralliement ont permis aujourd’hui aux femmes de parler d’un sujet encore trop tabou. Ces dernières semaines, le harcèlement sexuel a connu un réel coup de projecteur. Il s’agit donc du moment opportun pour mettre en place des campagnes de sensibilisation et mettre en évidence l’impact de l’éducation sur ce phénomène bien trop courant. Après la libération de la parole, agissons pour que le harcèlement sexuel ne soit plus qu’un acte exceptionnel et non une pratique courante que connait une grande partie des femmes. Marlène Schiappa, secrétaire d’État à l’Egalité des femmes et des hommes, va par ailleurs déposer un projet de loi en 2018 pour pénaliser le harcèlement de rue.
On espère donc qu’il s’agit du début d’un long processus permettant d’éradiquer le harcèlement sexuel et que le mouvement #metoo ne s’essoufflera pas de ci-tôt !

Ecriture et recherche : Mélanie Costa