Le KOSOVO

Petit résumé de l'histoire du Kosovo : 

Le Kosovo a été le lieu d'un nettoyage ethnique, de viols de masse et de pillages intensifs pendant les guerres Balkaniques dans les années 90. Pendant le conflit les viols de femmes en masse étaient utilisés comme arme de guerre. En 2008 le Kosovo a fait cession de la Serbie pour devenir un pays indépendant.

Même si la plupart du pays a savouré son indépendance si difficilement obtenue, des tensions entre les groupes ethniques restent encore importants et ce pays se bat pour trouver son chemin.

Pourtant le plus lourd fardeau lié à la reconstruction d'après guerre est porté par les femmes. La plupart d'entre elles sont veuves et doivent répondre aux besoins de leur famille toute seules. Beaucoup de femmes ont été violées, exclues de la société, n'ont aucun moyen et sont souvent victimes des trafics d’êtres humains qui les forcent à la prostitution.

De plus, le niveau élevé de chômage affecte de manière disproportionné les jeunes femmes avec peu d'éducation.

De 1998 à 1999 cette guerre a ôté la vie à plus de 21 500 personnes dont 13 000 civils et en a déplacé près de 800 000

WfWi a ouvert ses portes dans le pays en 1999.
 

Mise au point sur la guerre au Kosovo : 

Dès 1987 le dirigeant du Parti communiste serbe, Slobodan Milosevic, réussit à rallier les Serbes sur l’idée de former une « Grande Serbie » en dénonçant un génocide contre les Serbes dans toute l’ex-Yougoslavie. Plusieurs thèses dénonçant les discriminations que subissent les Serbes voient ainsi le jour prônant dès lors la purification ethnique au Kosovo notamment. L’armée serbe mène alors une politique de terreur en déportant les Albanais, brulant leurs maisons, assassinant ceux qui se révoltent et violant les Albanaises pour les forcer à quitter le Kosovo. 

En 1989, le gouvernement serbe abolit le statut autonome du Kosovo alors peuplé d’une communauté serbe et d’une majorité albanaise. Deux ans plus tard des élections clandestines ont lieu au Kosovo qui voit l’élection d’un président et la proclamation de la République du Kosovo, reconnue uniquement par l’Albanie. La Serbie dénonce cette proclamation illégale et réprime sévèrement toute revendication d’autonomie à partir de 1998, considérant le Kosovo comme une province de la Serbie. 

La multiplication d’exactions commises par les forces serbes contre les communautés albanaises du Kosovo alertent la communauté internationale. L’OTAN lance un ultimatum au gouvernement serbe qui refuse toutefois de faire sécession : les militaires de l’OTAN interviennent en octobre 1998. Quelques semaines plus tard l’OTAN propose un accord de paix établissant l’autonomie du Kosovo mais qui est cependant rejeté par les Serbes qui continuent les massacres dont celui du petit village de Racak faisant 45 morts albanais en janvier 1999. 

Cette guerre qui a opposé l’armée serbe à l’armée de libération du Kosovo a fait plus de 21 500 morts dont 13 000 civils et 900.000 réfugiés albanais selon le HCR. 

Le viol a été utilisé comme une véritable arme de guerre au Kosovo, les ONG estimant à environ 20.000 le nombre de victimes (ce chiffre n’étant qu’une approximation). Les femmes victime de viol sont les plus vulnérables du Kosovo, elles ont peu de droits et pratiquement aucun recours légal. La majorité de ces femmes sont des mères seules, pour la plupart leurs maris les ont abandonnées quand ils ont appris qu’elles avaient été violées. Ces victimes vivent dans des conditions très précaires et ne reçoivent aucune aide substantielle du gouvernement du Kosovo qui ne reconnait pas le viol comme arme de guerre. Les victimes sont ainsi soignées sur le plan physique mais ne disposaient d’aucune aide psychologique pendant de longues années. Une grande partie de ces femmes s’infligent une vie de recluses permanentes à cause de la honte, de l’angoisse mentale et de la douleur qui revient quand elles pensent à ce qu’elles ont enduré. D’autres sortent rarement de chez elles de peur que leurs traits ravagés ou leurs cicatrices ne révèlent l’histoire qu’elles essaient désespérément de cacher, d’oublier ou de dépasser.

Recherche et écriture : Abir Nur

L'histoire de Kadire 

L'histoire de Kadire : Kadire est mère de trois enfants, pendant la guerre elle a été hospitalisée et s'est faite torturer par l'équipe médicale (des Serbes) qui l'aurait tuée si elle ne s'était pas échappée avec trois autres femmes. Elle a ensuite retrouvée sa famille qui lui a annoncé le décès de son mari, elle s'est ensuite retrouvée dans un camps de réfugié où elle a appris qu'elle ne pourrait plus jamais avoir d'enfants à cause d'une injection qu'elle a reçu quand elle était à l’hôpital.
Mais Kadire n'a pas baissé les bras, elle s'est remariée, a rejoint le programme de WfWi et a été un puissant exemple pour toutes les autres femmes de la formation. Elle a encouragé plus de 120 femmes à s'y inscrire, c'est une incroyable ambassadrice de l'association au Kosovo.