Le féminicide en Argentine

FEMINICIDE : MEURTRE D’UNE FEMME CAR ELLE EST UNE FEMME

Le féminicide est le fait d’assassiner une femme en raison de son sexe. En Argentine, le terme de féminicide a été inscrit dans le code pénal en 2012 après la promulgation des lois sur le féminicide.
Cette loi n’est pas spécifique mais elle apparait comme une circonstance aggravante de l’homicide. Un homicide est habituellement puni d’une peine de prison allant de 12 à 25 ans.  Cependant, depuis 2012 les coupables de féminicide encourent la réclusion criminelle à perpétuité.
 

DES CHIFFRES INQUIETANTS

Les raisons sont multiples : jalousie, assassinat après un divorce, le féminicide se banalise de plus en plus en Argentine.
Il est difficile d’établir des statistiques sur les féminicides.
Cependant on sait d’après l’ONG Argentine «La  Casa del encuentro»[1]  (La maison de la rencontre) que 1808 féminicides ont été commis entre 2008 et 2014, soit en moyenne 258 femmes assassinées chaque année. Parmi ces 1808 femmes, 1403 n’avaient pas atteint leur majorité.
D’après cette même ONG, 53 femmes sont mortes brûlées vives entre 2010 et 2012 et 277 féminicides ont été commis en 2014.
 

DES FéMINICIDES QUI ONT CHOQUé L’ARGENTINE

Chiara Paez, une jeune fille de 14 ans et enceinte a été assassinée le 10 mai 2015 puis  enterrée dans le jardin de la maison des grands parents de son ex-petit ami, alors âgé de 16 ans (Manuel M.G.).
Ce dernier s’est livré à la police avant la découverte du corps de Chiara Paez et a avoué les faits, accompagné par son père.
Cependant,  il nie avoir été aidé par ses proches. Le mobile de ce meurtre serait la grossesse de la jeune fille qui n’aurait pas été accepté par le jeune homme et sa famille. Le corps de cette adolescente enceinte de 8 semaines a été découvert dans la ville de Rufino, la nuit même de son meurtre. Selon l’autopsie, on aurait retrouvé des restes d’Oxaprost (antiinflammatoire utilisé pour avorter) dans le corps de Chiara Paez, qu’on l’aurait forcé à ingérer.
Manuel M.G. son ex-petit ami est aujourd’hui détenu pour ce crime.[2]

Chiara Paez avait seulement 14 ans quand elle a succombé aux coups de son ex-petit ami (Photo du quotidien argentin La Nación).

Le meurtre d’une institutrice de maternelle a également bouleversé l’argentine. Celle-ci a été égorgée par son ex-mari devant ses élèves.

Nous pouvons  également citer le cas d’une femme ayant été criblée de balle par son ex compagnon alors qu’elle était assise à la terrasse d’un café.

 

#NIUNAMENOS (#PASUNEDEMOINS)

Ces féminicides que nous pouvons qualifier de « féminicides de masse » ont fait réagir les argentins car le mercredi 3 juin 2015, ils se sont mobilisés et sont descendus dans la rue pour exprimer leur indignation face à ce phénomène.

La plupart des manifestants brandissaient des pancartes avec l’inscription #NIUNAMENOS (#PAS UNE DE MOINS) et le hashtag a été largement partagé sur les réseaux sociaux. Certaines personnalités se sont unies à cette mobilisation telle que la présidente argentine Cristina Fernandez de Kirchner ou le joueur de football argentin Lionel Messi.

Selon la présidente « Ce n’est pas seulement un problème judiciaire. Nous sommes face à une culture dévastatrice du féminin. »[3] La solution ne réside donc pas uniquement dans le système judiciaire.
L’Argentine ainsi que tous les pays d’Amérique Latine font face à une véritable culture de la violence envers les femmes.

« La violence contre les femmes tue toujours » Des manifestants lors du rassemblement du 3 juin 2015 à Buenos Aires (Photo du quotidien français Le Monde) 

Recherche et écriture: ABERKANE Camélia

[1] http://www.lacasadelencuentro.org/
[2]
Source : http://www.lanacion.com.ar/
[3]
Source :  https://twitter.com/CFKArgentina?ref_src=twsrc%5Etfw